Danse et psychanalyse
- estellebordacarre
- 28 mai
- 2 min de lecture
L’arrivée de la danse butô en France coïncide avec l’accueil de Pina Bausch et du Tanztheater venu d’Allemagne au festival de Nancy en 1977.
La danse butô refuse la virtuosité gestuelle au profit d’une virtuosité perceptive et proprioceptive, elle privilégie la sensation comme moteur premier du mouvement, la fragilité, la défaillance, le corps en crise ou la maladresse. La corporéité butô repose sur un corps poreux, réceptif, en relation constante avec ce qui l’entoure. Yurabe Masami envisage ainsi le butô comme « une qualité de danse et d’interprétation qui correspond au moment où l’on génère une transformation de la conscience ».[1] La danse butô se danse dans l’ici et maintenant de son acte. Libéré de tout code d’interprétation, le danseur butô se met au service de son corps dansant dans le juste temps de la danse, et reconstruit chaque fois qu’il entre en mouvement son geste, ex nihilo, comme à chaque séance le patient se reconstruit son histoire, tirant les fils de sa mémoire au gré des signifiants énoncés.
[1] Iwahara Cécile, Séminaire La danse comme objet anthropologique, 9 février 2006
Qu’appelle-t-on « travail de l’analyste » ? Quels sont ses outils ? Qu’est-ce qu’un processus analytique ? A travers l’étude des règles fondamentales de la psychanalyse, est-il possible d’établir une analogie entre un processus analytique et un processus artistique ?
Si le lieu de la séance est ce lieu où l’inconscient cherche à se faire entendre, qu’en est-il de celui du danseur au travail, en proie aux mêmes censures, oublis, refoulements, réminiscences ? De quelles traces le corps est-il porteur, et à ce titre peut-il être considéré comme un langage ?
Je m’appuie, pour développer ces questions, sur l’étude des processus de création dans la danse butô, afin d’étudier les rapports possibles entre ces deux espaces, l’espace de la séance et celui de la création, ces lieux de mémoire, ces lieux où dire, « pour qu’enfin quelque chose ait lieu qui n’avait pas de lieu ». (J.-B. Pontalis)
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